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MONGOLYURT ET LE « COMMERCE EQUITABLE »
Chers visiteurs,
Apres bien des années d’inquiétude (suis-je un vilain capitaliste ?),
je viens enfin de trouver une définition claire et rassurante (pour
moi) du commerce équitable.
L’article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de
1948 édicte que « quiconque travaille a droit à une rémunération
équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à
la dignité humaine ».C’est ce droit fondamental que le commerce
équitable entend restaurer.
« Le commerce équitable est un partenariat commercial qui vise un développement durable pour les
producteurs exclus ou désavantagés. Il cherche à réaliser cela en
proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs, en
éduquant les consommateurs pour provoquer une prise de conscience.
Ses trois principes fondamentaux sont :
* la fixation d’un prix « juste » avec les producteurs ;
* le développement des filières les plus courtes possibles pour éviter les intermédiaires ;
* le préfinancement des commandes.
En misant sur une relation commerciale stable, le commerce équitable
favorise des échanges moins déséquilibrés, plus justes, bref plus
humains. »
En toute conscience, donc en toute subjectivité, je pense que dans
notre activité quotidienne, nous ne dérogeons pas aux valeurs
universelles que sont le respect, la compassion et la justice. Je sais
que les échanges que nous entretenons avec nos fournisseurs sont
équilibrés : tant au niveau financier (nous n’imposons pas nos prix
mais nous en discutons sur un pied d’égalité et nous préfinançons la
totalité de nos commandes) qu’au niveau des relations humaines. Quand
bien même ne serions-nous que d’odieux capitalistes à tendance
néocoloniale, comment faire autrement ?
Comment faire autrement en effet ; car, en Mongolie, comme en France,
les gens ont le choix de leurs relations avec les autres. J’excepte le
cas unique des paysans producteurs de cachemire qui subissent
(positivement ou négativement) les cours internationaux de cette
matière (comme le cacao ou le café).
La yourte n’est pas encore cotée en bourse, bien heureusement.
La Mongolie est un Etat de droit où les enfants vont à l’école, où les
employés peuvent se syndiquer, démissionner et demander réparations
auprès des tribunaux si nécessaire. En bref : un pays où tout n’est pas
permis. Nous ne sommes ni au Zimbabwe, ni en Chine, ni au Pakistan.
Je dois dire que le terme de commerce équitable appliqué a la Mongolie,
me semble surtout être un argument de vente assez insolite et, pour
tout dire, tout a fait malhonnête ; essentiellement pour deux raisons :
- La première est que, sur un marché où il n'y a pas de contraintes qui
puisse obliger le vendeur (paysan ou artisan) à vendre contre son
intérêt, le commerce est équitable par nature et résulte forcément d’un
accord bilatéral.
- La seconde raison est surtout une question de coquetterie : même si
je pense faire du commerce équitable est-il nécessaire, ou plutôt,
est-il élégant d’en faire état ?
Aussi nous continuerons à ne pas afficher en première page un logo ou
une annonce faisant de nous des défenseurs du commerce équitable car,
en Mongolie, ce concept n’a pas plus de sens qu’il n’en n’a dans vos
relations avec votre épicier ou votre boulanger de quartier. Il serait
malhonnête de l’employer à mauvais escient car il banalise une idée
qui, dans d’autres pays, a une réelle utilité sociale et économique.
En revanche, nous continuerons à communiquer sur nos actions solidaires
et nos actions en faveur de l’environnement. Car il s’agit là de vrais
problèmes dans ce pays. Des problèmes qui ne laissent insensible
personne et vous avez le droit, de connaître notre position sur ce
sujet.
Le problème du déboisement par exemple, n’est bien entendu pas la
conséquence de l’engouement occidental pour les yourtes (plutôt de la
construction et du bois de chauffage) mais, tout comme la lutte contre
l’extrême pauvreté, il relève quand même de notre responsabilité
collective. Il en va aussi de notre activité future. Pas de bois, pas
de yourte. Quant à l’extrême pauvreté, celle qui relève de la vie ou de
la mort, je voudrais citer le poète John Donne dans un de ses fameux
« sermons » :
« Peut-être celui pour qui sonne le glas est-il si malade qu'il ne sait
pas que cette cloche sonne pour lui …. Personne n'est une île, entière
en elle-même; tout homme est un morceau de continent, une partie du
tout… la mort de chaque être humain me diminue, parce que je fais
partie de l'humanité, et donc, n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas car il sonne pour toi. »
Je reste à la disposition de chacun pour répondre à d’éventuels et
bienvenus commentaires sur mes propos. Je vous informe également que
nous allons bientôt ouvrir un site : www.fondationmariemarneur.com
celui-ci reprend toutes nos actions en faveur du développement, de
l’éducation et de l’environnement en Mongolie. Vous n’y trouverez
aucune allusion au « commerce équitable », puisque ça va tellement de
soi.
En fait le site existe déjà mais il n’a jamais été mis à jour.
Nous allons également étoffer notre rubrique « notre équipe » afin
d’humaniser un peu nos différents sites et que vous puissiez voir que
derrière l’écran de votre ordinateur, il y’a des personnes qui
travaillent chaque jour pour vous donner entière satisfaction.
Sébastien Marneur pour toute l’équipe de MongolYurt.
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